Our lives are the dice we throw [Yugo]




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MessageSujet: Our lives are the dice we throw [Yugo]   Our lives are the dice we throw [Yugo] Empty21.04.19 18:58



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Date d'inscription : 20/03/2019
Eden Irae
Un autre jour se meurt et une lueur vient poindre dans ton regard alors que tu observes l'océan se teinter de rouge. L'astre  d'or salue son amante d'argent d'une révérence éclatante. Il ne peut qu'attendre qu'elle se meure à son tour pour l'enlacer à nouveau, tenter de la réchauffer pour la voir à nouveau s'évanouir sous ses rayons. C'est à la fois triste et beau, à en déchirer le ciel. Un pas de plus vers la tombe et bien des maux à enfermer dans la boite de Pandore, c'est tout ce qui naît de leurs unions, des enfants bâtards et ingrats qui chaque jour lacèrent le ventre qui les a portés. Le jour se meurt. Encore et en chœur, les étoiles brillent comme mille et unes larmes versée sur un cercueil.

Entre chien et loup le ciel se pare d'un voile mortuaire, la palette de ce tableau offert au monde se noircit des envies de la nuit. Les couleurs devraient éclater, dessiner un Turner haut en couleurs, nihiliste fatalité parée d'un masque de clown gai. Ton regard n'a jamais su voir autre chose que des vanités, encore plus sous ce ciel jaunit, brillant des éclats artificiels de l'inhumaine évolution. Les visages s'enchaînent et les corps se bousculent aux prises avec le courant trop violent de la ville, leurs cœurs battant au rythme d'une montre bien réglée, simples engrenages incapables de s'extraire de cette machine trop bien huilée. Seule une bombe pourrait la dérégler. Un sourire amusé vient ourler tes lèvres à cette idée.

Tu te laisses porter, ton regard rivé sur les bâtiments dépareillés alternant maisons pittoresques et grandes tours blanches. Le dôme d'Hybris avait une je ne sais quoi de fascinant, un choc entre des cultures aussi dépareillées que cette architecture bâtarde. Il y a dans ce spectacle un soucis dantesque du détail. C'est un chaos organisé qui s'offre à ton regard, deux mondes qui se rencontrent pour mieux se repousser, comme chaque soir les deux visage de la ville s'unissent dans une violente étreinte. Les mères arpentent les routes principales en évitant précautionneusement les ruelles tandis que les pupilles des travailleurs s'y perdent. Il y a quelque chose d'indécent à cette heure, c'est un peu comme un vestiaire à ciel ouvert où l'on observe des inconnus se changer. Un moment d'intimité collective à la fois grisant et effrayant. Le plaisir de n'être personne dans cette orgie d'identités, d'existences qui se croisent sans jamais se rencontrer. Tu te délectes à chaque fois de cette heure mystique et de ce nouveau monde qu'elle offre à ton regard.

Tu refermes ta veste en cuir sur ton petit corps de moineau avant de t'enfoncer dans l'un des bâtiments. Les volutes de fumée se mêlent à l'architecture d'un autre temps, d'un autre monde. Les arches fleuries embrassent les machines qui avalent les espoirs et attisent les envies, monstres infernaux qui dévorent les esprits. Un sourire amusé vient ourler tes lèvres alors que tu observes les joueurs se réjouir. T'aimes bien traîner ici, observer la nature humaine dans toute sa laideur, sa face la plus pure, celle de l'avidité et de la bêtise. Souvent, tu te contentes d'observer, glissant quelques pièces dans la gueule du loup, te perdant l'espace d'une partie. Ça te rappelle tes rêves d'enfance, simples, te retrouver dans une salle de jeu d'Akihabara, dépenser tout l'argent de la semaine dans un bref moment d'extase. Tu t'imagines que ça doit faire le même effet, bien que les mécanismes des jeux d'argent t'échappent encore.

Soudain, tu le vois, là, au milieu de la foule, droit comme un piquet, comme un majeur dressé au ciel. Yugo, un compatriote. Le genre de mec pas trop causant, le genre qui t'intrigue et t'attire. Il ne te remarque pas. Il ne t'entend pas. Gueule, vas-y. Laisses ta voix déchirer la cacophonie ambiante, tes cordes vocales s'esquinter par l'effort. Bouge Eden, paradis figé dans l'inertie, t'as envie qu'il t'entende alors fais en sorte qu'il le puisse. Non. Tu baisses la tête dépitée, réduisant la distance qui vous sépare. Tu me gonfles. V'là que je lui décroche un putain de coup de tentacule amical dans le dos, le genre qui vous brise le dos.

HEY SALUT MEC! KESTU FOU LA?!

Tu rougis, baisses davantage la tête, tout le monde nous regarde et moi, j'affiche mon éternel sourire de chat trop perché pour toi. T'es pas contente? Maintenant il t'as remarquée!

Tu fais chier...

Je ne suis que l'expression de ton moi intérieur, darling.
HRP : Le texte en gras correspond aux paroles de la grosse méduse qu'Eden à sur la tête et en italique ce sont les pensées de la jeune femme Very Happy
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